Au primaire, les vacances ne doivent pas forcément rimer avec abandon total des cahiers. Pour les élèves, quelques séances de révision bien organisées peuvent permettre de conserver les acquis de l’année, de corriger certaines lacunes et d’aborder la rentrée avec davantage de confiance. Interrogé par Inf’au Zénith, Komao Monkoun, enseignant du primaire à Ouidah, explique l’intérêt de ces cours et le rôle que doivent jouer les parents.
Réviser sans transformer les vacances en nouvelle année scolaire
Après plusieurs mois d’apprentissage, l’interruption des activités scolaires peut entraîner une perte progressive de certains automatismes chez l’enfant. Lecture, écriture, calcul ou encore compréhension peuvent nécessiter une pratique régulière pour rester bien maîtrisés.
Pour Komao Monkoun, « l’objectif des cours de vacances est de réviser les notions étudiées durant l’année, consolider les acquis et préparer la prochaine rentrée ». Une approche qui ne consiste donc pas à faire travailler l’enfant à longueur de journée, mais à maintenir un contact raisonnable avec les apprentissages.
L’enjeu est important : un élève qui continue à lire, à écrire ou à effectuer quelques exercices pendant les vacances conserve plus facilement ses réflexes scolaires. La reprise des cours peut ainsi être moins brutale.

Des cours particulièrement utiles pour les élèves en difficulté
Les vacances peuvent également constituer une période privilégiée pour revenir sur les notions mal comprises durant l’année. En classe, le nombre d’élèves et le rythme du programme ne permettent pas toujours à l’enseignant d’accorder suffisamment de temps à chaque enfant.
Les cours de vacances offrent, selon l’enseignant, la possibilité « d’identifier les difficultés propres à chaque élève et de proposer des exercices adaptés ». L’enfant peut alors bénéficier de davantage d’explications et multiplier les exercices sur les notions qui lui posent problème.
Cette individualisation peut faire la différence. Une difficulté en lecture ou en mathématiques, lorsqu’elle n’est pas prise en charge suffisamment tôt, risque en effet de se transformer en véritable retard scolaire au fil des années. Les vacances peuvent donc servir de période de rattrapage, à condition que le travail soit ciblé.

Français, lecture et mathématiques : les fondamentaux à consolider
Toutes les matières n’ont pas nécessairement besoin d’être travaillées avec la même intensité pendant la pause. Pour Komao Monkoun, « le français, les mathématiques et la lecture doivent occuper une place prioritaire », puisqu’ils constituent des bases indispensables aux autres apprentissages.
La lecture mérite notamment une attention particulière. Un enfant qui lit régulièrement entretient son vocabulaire, améliore progressivement sa compréhension et développe sa capacité à s’exprimer. De même, quelques exercices de calcul permettent de maintenir les automatismes nécessaires à la poursuite des apprentissages mathématiques.
Les sciences et la culture générale peuvent également être abordées, en fonction de l’âge et du niveau de l’enfant. L’objectif n’est toutefois pas d’accumuler les exercices, mais de maintenir une dynamique intellectuelle adaptée.
Le rôle des parents ne s’arrête pas à l’inscription

L’accompagnement familial reste essentiel, même lorsque l’enfant suit des cours de vacances. Pour l’enseignant, les parents doivent avant tout « encourager, suivre et motiver leurs enfants ».
Cet accompagnement peut prendre des formes simples. Quelques minutes de lecture chaque jour, une discussion autour d’un texte lu ou quelques exercices peuvent suffire à entretenir les acquis. L’essentiel est de créer une régularité sans installer une pression excessive.
Car les vacances restent aussi une période de repos. L’enfant a besoin de jouer, de se détendre, de passer du temps avec sa famille et de pratiquer d’autres activités. Faire travailler un élève comme pendant une période scolaire normale pourrait produire l’effet inverse de celui recherché et provoquer lassitude ou découragement.
Mieux préparer la rentrée, sans voler les vacances
Bien encadrés, les cours de vacances peuvent permettre à l’élève de retrouver l’école avec de meilleures bases, davantage de confiance et moins d’appréhension. L’enfant qui a entretenu ses connaissances pendant la pause peut plus facilement renouer avec le rythme scolaire.
Mais pour Komao Monkoun, le choix du programme reste déterminant. Les parents qui souhaitent inscrire leurs enfants doivent privilégier « un dispositif adapté à l’âge, au niveau et aux besoins réels de l’élève ».
Au fond, la question n’est donc pas de savoir s’il faut faire travailler les enfants pendant toutes leurs vacances. Il s’agit plutôt de trouver le bon équilibre entre apprentissage, repos et loisirs. Quelques activités éducatives régulières peuvent être bénéfiques ; une surcharge de travail, en revanche, risque de transformer une période censée être reposante en prolongement de l’année scolaire.
Une pause scolaire, mais pas une pause des apprentissages
Les vacances peuvent ainsi être considérées comme une période de transition. Elles offrent à l’enfant la possibilité de souffler après une année scolaire intense, tout en conservant certains réflexes essentiels.
À travers ses explications au micro d’Inf’au Zénith, Komao Monkoun rappelle finalement une idée simple : « préparer la rentrée ne signifie pas supprimer les vacances. Il s’agit plutôt d’entretenir les acquis avec mesure, de corriger les difficultés lorsque cela est nécessaire et de permettre à chaque enfant de reprendre le chemin de l’école dans de meilleures conditions. »
Firmin DANNON









