Depuis plusieurs jours, les usagers de la route constatent de longues files d’attente, des stations en rupture partielle et des difficultés d’approvisionnement dans les rues de Cotonou. Face à cette situation qui suscite des inquiétudes, Laurent Akpo, directeur de cabinet du ministre du Commerce de l’Intérieur en charge de la formalisation de l’économie apporte des éclaircissements.
D’entrée de jeu, l’autorité a été formelle : il n’y a pas de pénurie de carburant au Bénin. Les stocks disponibles au dépôt pétrolier national sont suffisants. « Il y a que les stations-service font face en ce moment à une demande inhabituelle », a expliqué Laurent Akpo. En temps normal, le pays consomme environ 2 500 000 litres de carburant par jour, répartis entre le secteur formel (les stations-service avec environ 270 000 litres) et le secteur informel (plus de 2 000 000 de litres). Or, des difficultés d’approvisionnement ont touché le secteur informel, alors même que l’État avait pris des mesures pour garantir l’approvisionnement formel sur une année entière. Par conséquent, la demande s’est brusquement reportée vers les stations-service, qui n’étaient pas habituées à un tel flux.

Cette ruée soudaine engendre d’importants dégâts et des contraintes logistiques. Un surcoût pour l’État, qui doit faire face à un triplement de l’approvisionnement pour le secteur formel (passant de 270 000 à plus de 600 000 litres par jour) afin de répondre à cette demande non anticipée. Une pression logistique sur les stations-service, dont les circuits de distribution et les rythmes d’approvisionnement habituels se trouvent chamboulés face à cette affluence massive nécessitant de réactiver du personnel et des stations moins sollicitées auparavant.
Interrogé sur une éventuelle hausse du prix du litre (actuellement fixé à 725 francs), le directeur de cabinet a rappelé la position de l’exécutif en exoliquant que bien que l’État supporte un surcoût énorme et difficilement tenable à long terme, aucune augmentation n’est annoncée pour l’instant. Des réunions ont d’ores et déjà eu lieu avec les sociétés de distribution pour accélérer la cadence logistique. Pour Laurent Akpo, cette crise démontre l’impérieuse nécessité d’accélérer la formalisation de l’économie. « Ça permet à l’État d’avoir de la lisibilité, de la visibilité pour anticiper sur les chocs exogènes, renforcer notre capacité de résilience pour connaître la situation de chaque béninois et prendre des dispositions d’accompagnement ».

Les autorités se veulent rassurantes. Le carburant est disponible dans les dépôts et la situation devrait se normaliser dans les tout prochains jours grâce à l’optimisation de la logistique des stations-service.
Donatien Fernando SOWANOU









