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Don d’organes en Afrique : 544 greffes rénales en un an, un défi vital

À l’occasion de la journée consacrée au don d’organes, le 17 octobre, l’Afrique est confrontée à un défi majeur : rendre la transplantation accessible à davantage de patients. En 2024, seuls 544 patients ont bénéficié d’une greffe de rein sur le continent, soit environ 0,5 % de l’activité mondiale. Derrière ces chiffres, une réalité s’impose : sauver des vies exige des moyens médicaux, des règles strictes et une véritable culture du don.

Donner un organe peut offrir une nouvelle chance à une personne dont un organe ne fonctionne plus. Pourtant, cette possibilité médicale reste loin d’être accessible à tous, notamment en Afrique, où les infrastructures spécialisées sont insuffisantes et inégalement réparties. Le don d’organes ne relève donc pas seulement de la solidarité individuelle. Il constitue aussi un enjeu de santé publique, d’équité et d’organisation des systèmes de santé.

L’Afrique face à un déficit de greffes

Les données du Global Observatory on Donation and Transplantation, dispositif international associé à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et à l’Organisation nationale de transplantation d’Espagne, illustrent l’ampleur du problème. Selon le rapport portant sur l’année 2024, 544 transplantations rénales ont été recensées en Afrique, sur un total mondial de 110 467 greffes de rein. Le continent ne représente ainsi qu’environ 0,5 % de cette activité mondiale.

Le constat est préoccupant. L’insuffisance rénale avancée peut nécessiter des traitements lourds et réguliers, notamment la dialyse, lorsque la transplantation n’est pas possible. Or, la greffe peut permettre à certains patients de retrouver une meilleure qualité de vie, sous réserve d’une sélection médicale rigoureuse et d’un suivi à long terme. Lorsque les centres spécialisés manquent, la possibilité de bénéficier de cette intervention dépend fortement du pays de résidence et des ressources disponibles.

La répartition des moyens révèle également de fortes disparités. Le rapport 2024 recense 36 centres de transplantation rénale dans quatre pays africains déclarant cette activité, pour une population totale d’environ 476 millions d’habitants couverte par ces données. Cela correspond à un centre pour environ 13,2 millions de personnes. Cette moyenne ne signifie pas que chaque habitant dispose réellement d’un accès à une greffe : la distance, le coût des soins, la disponibilité des spécialistes et les capacités hospitalières peuvent constituer des obstacles supplémentaires.

Des avancées, mais un accès encore très inégal

L’Afrique n’est toutefois pas dépourvue de programmes de transplantation. Plusieurs pays ont développé cette activité à des périodes différentes, notamment l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Maroc, l’Algérie, le Kenya et le Nigeria. D’autres ont engagé plus récemment des programmes de greffe rénale à partir de donneurs vivants.

Ces initiatives témoignent d’une évolution progressive des compétences médicales sur le continent. Mais la création d’un programme de transplantation ne suffit pas à garantir son accessibilité. Il faut également disposer de chirurgiens formés, de laboratoires capables d’effectuer les examens de compatibilité, de médicaments antirejet, de services de réanimation et d’un suivi médical durable. Sans cette chaîne de soins, la greffe reste une possibilité théorique pour de nombreux malades.

L’enjeu est donc de consolider les structures existantes et de développer des dispositifs adaptés aux réalités locales. La coopération entre pays africains, la formation des professionnels et le renforcement des systèmes de santé peuvent contribuer à réduire les inégalités. Toutefois, ces progrès doivent s’accompagner d’un cadre juridique solide et de garanties éthiques pour protéger les donneurs comme les receveurs.

Firmin DANNON

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