Le Bénin obtient deux financements totalisant 326,06 millions d’euros auprès du Groupe de la Banque islamique de développement (BID). Les fonds sont destinés à moderniser le corridor routier Godomey–Ouidah–Hillacondji et à soutenir une agriculture plus durable. Deux secteurs stratégiques pour la mobilité, les échanges commerciaux et la sécurité alimentaire du pays.
Le Bénin renforce sa coopération financière avec le Groupe de la Banque islamique de développement. Deux accords de cofinancement ont été signés en marge des réunions annuelles 2026 du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, organisées à Bangkok, en Thaïlande. Le montant total annoncé atteint 326,06 millions d’euros, soit plusieurs centaines de milliards de francs CFA.
À cette occasion, le président du Groupe de la BID, Muhammad Al Jasser, a rencontré Hugues Oscar Lokossou, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette du Bénin. Ces accords traduisent la volonté des deux parties de soutenir des investissements susceptibles d’améliorer les infrastructures et les capacités de production agricole.
306,89 millions d’euros pour le corridor Godomey–Hillacondji
La plus grande partie de l’enveloppe, soit 306,89 millions d’euros, est consacrée à l’amélioration du corridor routier Godomey–Ouidah–Hillacondji. Ce financement représente près de 94 % du montant total annoncé. Il témoigne de l’importance accordée aux infrastructures de transport dans la stratégie de développement du Bénin.
Cet axe joue un rôle important dans la circulation des personnes et des marchandises. En reliant Godomey à la frontière de Hillacondji, en direction du Togo, il participe aux échanges commerciaux et à la mobilité dans la sous-région. L’amélioration de cet itinéraire pourrait ainsi faciliter les déplacements, réduire certaines contraintes liées au transport et renforcer la fluidité du trafic.
Pour les transporteurs, les commerçants et les entreprises, la qualité de cette liaison représente un enjeu économique majeur. Des infrastructures mieux adaptées peuvent contribuer à réduire les difficultés de circulation et à améliorer l’acheminement des marchandises. Toutefois, les retombées concrètes dépendront de la réalisation effective des travaux, de leur qualité et des délais d’exécution.
19,17 millions d’euros pour une agriculture plus durable
Le second accord prévoit 19,17 millions d’euros pour promouvoir une agriculture durable fondée sur les légumineuses. Moins important en volume financier que le projet routier, ce financement cible néanmoins un secteur essentiel à l’emploi rural, aux revenus des producteurs et à l’approvisionnement alimentaire des populations.
Le projet entend notamment améliorer la fertilité des sols, renforcer la sécurité alimentaire et accroître la capacité des systèmes agricoles à résister aux effets des changements climatiques. Les légumineuses présentent un intérêt agronomique particulier : certaines espèces, comme le niébé et le soja, peuvent contribuer à enrichir les sols en azote grâce à leur association avec des bactéries présentes dans leurs racines.
Pour les producteurs béninois, le développement de ces cultures pourrait favoriser des pratiques agricoles plus durables et diversifier les sources de revenus. Mais les résultats dépendront aussi de l’accompagnement technique des exploitants, de l’accès aux semences adaptées, des débouchés commerciaux et des conditions de mise en œuvre du programme.
Des investissements importants, des résultats attendus
Avec ces deux accords, le Bénin mise à la fois sur l’amélioration de ses infrastructures de transport et sur le renforcement de son agriculture. Ces secteurs répondent à des besoins complémentaires : les routes facilitent l’acheminement des productions vers les marchés, tandis qu’une agriculture plus productive et résiliente contribue à l’approvisionnement des villes et à la vitalité des économies locales.
L’enjeu ne se limite donc pas aux montants mobilisés. Pour les populations, l’intérêt de ces financements se mesurera aux changements réellement observés : amélioration des conditions de circulation, réduction des contraintes logistiques, progression des rendements agricoles et renforcement des revenus des producteurs.
Les modalités détaillées de mise en œuvre, le calendrier des travaux et les mécanismes de suivi n’ont pas été précisés dans l’annonce. Ces informations seront importantes pour apprécier les conditions d’exécution des projets et leurs effets sur l’économie nationale.
Au total, 326,06 millions d’euros sont annoncés pour ces deux projets. Le défi est désormais de transformer ces engagements financiers en réalisations concrètes et durables, capables de bénéficier aux transporteurs, aux entreprises, aux agriculteurs et à l’ensemble des populations béninoises.
Firmin DANNON









