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Guépards : Frédéric Ahomondji séduit par la progression et le caractère du Bénin

Après les deux rencontres disputées par le Bénin face au Burkina Faso et à la Mauritanie, les Guépards ont laissé une impression globalement positive. Quatre points récoltés, une première place dans le groupe et surtout un visage beaucoup plus séduisant dans le jeu : le bilan de cette trêve internationale est encourageant. Pour le journaliste de Radio Univers, Frédéric Ahomondji, cette évolution traduit surtout l’émergence d’une équipe jeune, ambitieuse et capable de réagir dans les moments difficiles.

Une équipe jeune qui gagne en caractère

L’un des premiers enseignements retenus par Frédéric Ahomondji concerne la capacité du Bénin à évoluer malgré l’absence de plusieurs cadres, notamment Olivier Verdon et Steve Mounié.

« C’est une équipe qui a progressé énormément. On ne s’y attendait vraiment pas. L’absence d’Olivier Verdon et de Steve Mounié ne s’est pas fait ressentir », analyse le journaliste.

Cette situation constitue un signal intéressant pour la sélection. Le Bénin semble progressivement disposer d’un groupe plus large, dans lequel les jeunes joueurs peuvent prendre leurs responsabilités. Pour Ahomondji, cette nouvelle génération affiche surtout une qualité essentielle : le caractère.

Burkina Faso : deux visages complètement différents

Face au Burkina Faso, les Guépards ont pourtant connu une première période très compliquée. Déchets techniques, pertes de balle et manque d’efficacité ont longtemps empêché les Béninois de développer leur jeu.

« La première mi-temps a été catastrophique. Les joueurs perdaient rapidement les ballons, il y avait trop de déchets techniques dans les derniers gestes et ils ne conservaient pas du tout le ballon », relève Frédéric Ahomondji.

Mais le scénario a changé après le but burkinabè. Le Bénin a retrouvé de l’intensité, davantage de maîtrise et surtout une vraie capacité de réaction. Pour le journaliste, cette transformation entre les deux périodes constitue l’un des signes les plus encourageants.

« Le Bénin a eu deux visages ce jour-là : une première mi-temps catastrophique, mais une deuxième mi-temps très belle, où le Bénin pouvait même battre le Burkina Faso. »

Au-delà du résultat, cette réaction montre donc que les Guépards ne renoncent plus facilement lorsqu’ils sont en difficulté. Une capacité à revenir dans un match qui peut devenir précieuse dans la suite des éliminatoires.

Face à la Mauritanie, un Bénin plus fluide et plus ambitieux

Le changement a été encore plus visible contre la Mauritanie. Le Bénin a entamé cette rencontre avec davantage de maîtrise et de rythme. Les transitions étaient plus rapides, les passes plus précises et les occasions plus nombreuses.

« Ils ont commencé comme ils avaient fini face au Burkina Faso. Le jeu est plus fluide, plus de précision, moins de déchets techniques, des transitions rapides. Ça s’animait de partout », souligne Ahomondji.

Cette évolution traduit, selon lui, une équipe qui commence à assumer davantage ses ambitions offensives. Le Bénin ne s’est pas contenté de défendre pour préserver un résultat. Il a cherché à imposer son rythme et à créer régulièrement du danger.

Ahoulou et Imourane, des satisfactions mais aussi des corrections

Dans l’entrejeu, Césaire Ahoulou a particulièrement retenu l’attention du journaliste. Le capitaine a été apprécié pour sa justesse et sa discipline dans l’utilisation du ballon.

« Césaire Ahoulou, le capitaine, a été exemplaire. Plus propre, plus juste, moins brouillon et moins agressif. Même s’il reste le joueur agressif qu’on connaît, il commet moins de fautes et c’est tout bénéfice pour l’équipe », estime-t-il.

Imourane Hassane a également livré une prestation intéressante dans l’entrejeu. Mais son rendement comporte encore quelques imperfections, notamment dans ses choix offensifs. Ahomondji pointe notamment des situations où le milieu aurait pu privilégier la passe à Dodo Dokou plutôt que de tenter sa chance.

Pour le journaliste, ces détails peuvent sembler anodins, mais ils peuvent faire basculer un match. La prochaine étape pour cette jeune équipe sera donc de transformer son enthousiasme et sa qualité technique en décisions toujours plus justes.

Aloko, Dokou et Olaitan : une attaque qui donne des idées

Sur le front offensif, le trio composé de Rodolfo Aloko, Dodo Dokou et Junior Olaitan a particulièrement séduit.

« Franchement, ça allait trop vite. Et quand Junior Olaitan se retrouve en numéro 10, c’est waouh ! », lance Frédéric Ahomondji.

La complémentarité entre les trois joueurs a permis au Bénin de multiplier les situations dangereuses. La mobilité d’Olaitan, la percussion de Dokou et l’efficacité d’Aloko ont donné davantage de variété aux attaques béninoises.

Rodolfo Aloko a d’ailleurs été l’un des grands artisans du succès contre la Mauritanie avec un doublé. Pour Ahomondji, ses réalisations illustrent parfaitement la confiance retrouvée par cette nouvelle génération.

« Rodolfo Aloko fait un doublé, et quels buts ! Des buts somptueux ! Le premier but, waouh ! Le second, il l’a arraché. »

Ghislain Ahoudo, le coup de cœur

S’il fallait retenir une révélation particulière de ces deux sorties, Frédéric Ahomondji cite sans hésiter Ghislain Ahoudo.

Pour sa première apparition, le jeune joueur a rapidement pesé sur le jeu. Il a provoqué un penalty, délivré une passe décisive et participé à plusieurs situations dangereuses.

« Il joue simple, efficace, confiant, rassuré. Oui, c’est un jeune très talentueux. C’est mon coup de cœur de ces sorties du Bénin », affirme le journaliste de Radio Univers.

Cette prestation vient surtout renforcer le débat sur la place à accorder aux jeunes joueurs en sélection. Pour Ahomondji, lorsque ces derniers bénéficient de confiance et de liberté, ils sont capables d’exprimer davantage leurs qualités.

Trois penalties concédés : le signal d’alerte

Tout n’est cependant pas parfait. La principale inquiétude concerne la fébrilité défensive. En deux rencontres, le Bénin a concédé trois penalties.

« Ce n’est pas du tout logique. Face au Burkina Faso, on a concédé un penalty évitable. Face à la Mauritanie, on en concède deux », rappelle Ahomondji.

Marcel Dandjinou a notamment empêché la Mauritanie de transformer l’un de ses penalties. Mais pour le journaliste, ces situations doivent rapidement être corrigées. Une équipe qui veut franchir un cap ne peut pas multiplier les erreurs dans sa propre surface sans risquer de le payer plus cher lors des prochaines échéances.

Rohr face à un nouveau défi : gérer la fraîcheur des joueurs

Autre point soulevé : la gestion des changements. Selon Frédéric Ahomondji, certains titulaires semblaient manquer de fraîcheur dans les dernières minutes face à la Mauritanie.

« Vers la fin, certains titulaires étaient fatigués, mais on ne les a pas vite fait sortir. Cela a influencé la fin de la partie où le Bénin encaisse un but », analyse-t-il.

Cette remarque pose la question de la profondeur du banc et de la gestion physique d’un groupe encore en construction. Avec un calendrier international exigeant, la capacité à maintenir l’intensité pendant 90 minutes pourrait devenir déterminante.

Le Bénin peut-il confirmer cette progression ?

Au terme de cette trêve, les Guépards occupent la première place de leur groupe et affichent quatre points supplémentaires dans la course à la qualification. Mais au-delà des chiffres, c’est surtout l’évolution du contenu qui retient l’attention.

Pour Frédéric Ahomondji, le Bénin est désormais une équipe qui ose davantage, joue plus vite et affiche une réelle volonté de gagner.

« Le Bénin a progressé : le jeu est plus fluide, plus dynamique, plus rapide et plus efficace. Et avec ça, on peut espérer une qualification. »

Le défi sera désormais de confirmer cette dynamique. Les Guépards ont montré des qualités, mais aussi des insuffisances qu’il faudra corriger. Entre la jeunesse qui pousse, les cadres qui encadrent et un collectif qui semble gagner en confiance, le Bénin dispose désormais de plusieurs raisons de croire en sa capacité à poursuivre sa progression.

Firmin DANNON

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