Malgré la défaite 3-0 face à l’Argentine dans la nuit du 6 au 7 octobre 2026, le Bénin a montré des signes encourageants dans le jeu. Pour le journaliste sportif de Radio Univers, Frédéric Ahomondji, cette prestation confirme les progrès des Guépards, tout en révélant des insuffisances à corriger. Il salue notamment l’audace des jeunes, la solidité de Marcel Dandjinou et les perspectives offertes par cette rencontre de prestige.
Le score est lourd, mais le contenu mérite une autre lecture. Face à l’Argentine, championne du monde en titre, le Bénin s’est incliné 3-0 sans avoir été totalement dominé dans le jeu. Dans son analyse de cette rencontre amicale, le journaliste sportif Frédéric Ahomondji, de Radio Univers, retient surtout l’état d’esprit des Guépards, leur engagement et leur volonté de rivaliser avec une grande nation du football. Pour lui, cette sortie dépasse le simple résultat. Elle témoigne d’une équipe qui commence à croire davantage en ses capacités.
Un Bénin audacieux face aux champions du monde

La première période a particulièrement retenu l’attention du journaliste. Les Guépards ont résisté aux offensives argentines tout en essayant de construire leur propre jeu. Mieux, ils se sont procuré des occasions qui auraient pu changer le scénario de la rencontre. Junior Olaitan a notamment manqué une opportunité de donner l’avantage au Bénin avant la pause.
« On a vu un Bénin décomplexé, un Bénin qui a envie de se donner à fond, un Bénin qui n’a pas regardé le statut en face, qui n’a pas regardé la force en face », souligne Frédéric Ahomondji.
Cette audace constitue l’un des principaux enseignements du match. Face à une sélection réputée pour sa maîtrise technique et son expérience, les Guépards n’ont pas simplement cherché à limiter les dégâts. Ils ont tenté d’imposer leur rythme, de provoquer leurs adversaires et de profiter des espaces. Cette volonté de jouer représente un signal encourageant pour la suite, même si elle doit encore s’accompagner d’une meilleure efficacité dans les moments décisifs.
Marcel Dandjinou, un dernier rempart précieux
Dans les buts, Marcel Dandjinou a également marqué les esprits. Le gardien béninois a multiplié les interventions pour retarder les échéances face aux attaquants argentins. Selon les statistiques évoquées par Frédéric Ahomondji, il a réalisé huit arrêts au cours de cette rencontre.
Avant le coup d’envoi, le portier avait affiché sa détermination face à Lionel Messi. Pour le journaliste, il a tenu parole en répondant présent sur le terrain.
« Quand on parle de Bénin qui a été impeccable, il faut saluer la grandeur de Marcel Dandjinou », insiste-t-il.
Cette performance individuelle ne doit cependant pas masquer les difficultés défensives rencontrées par l’ensemble du bloc béninois. Si Dandjinou a souvent sauvé les siens, les trois buts encaissés rappellent aussi que la résistance collective doit durer sur toute la rencontre. Face aux grandes sélections, une équipe ne peut pas compter uniquement sur les exploits de son gardien.
Ouorou et Aloko, les jeunes qui donnent de l’espoir
Autre motif de satisfaction : la prestation des jeunes attaquants béninois. Yamirou Ouorou et Rodolfo Aloko ont affiché de l’envie, de la vitesse et une réelle capacité à provoquer leurs adversaires. Leur activité sur les côtés a parfois compliqué la tâche des défenseurs argentins.
Les chiffres avancés par Frédéric Ahomondji illustrent cette volonté de faire la différence. Le Bénin aurait remporté 53 % des duels disputés et réussi 11 dribbles sur 16 tentatives, contre trois dribbles réussis sur 11 pour l’Argentine. Le journaliste attribue notamment cinq dribbles réussis à Yamirou Ouorou, déjà remarqué lors des précédentes sorties des Guépards.
« Les deux ailiers ont été injouables. Ils ont joué les trouble-fêtes à l’Argentine », estime-t-il.
Au-delà de leur performance du soir, ces jeunes peuvent tirer profit de cette exposition internationale. Se mesurer à des joueurs de haut niveau leur permet d’évaluer leurs qualités, mais aussi les exigences du football de haut niveau. Leur capacité à répéter ce type de prestation sera toutefois déterminante. Un match réussi attire l’attention ; la régularité, elle, construit une carrière.
La deuxième période et les erreurs à corriger
Si la première mi-temps a nourri l’optimisme, la seconde a été plus difficile pour les Guépards. Le Bénin a davantage subi et n’a pas réussi à maintenir le même niveau d’intensité. Les changements opérés au cours du match ont également modifié les équilibres, même si Frédéric Ahomondji rappelle que le sélectionneur Gernot Rohr a cherché à donner du temps de jeu à plusieurs joueurs.
Le score final ne raconte donc pas toute l’histoire, mais il ne doit pas non plus servir à écarter les insuffisances observées. La gestion des efforts, le repli défensif et la concentration dans les moments clés restent des chantiers importants.
Le journaliste pointe également un problème récurrent : les penalties concédés. Selon son décompte, le Bénin en avait concédé trois lors de ses deux rencontres précédentes, avant d’en concéder un autre face à l’Argentine. Cette accumulation appelle une réaction. Dans les matchs de haut niveau, une faute évitable dans la surface peut rapidement compromettre le travail de toute une équipe.
Autre point de vigilance : la gestion du ballon par Junior Olaitan. Malgré ses qualités techniques et son importance dans l’animation offensive, le milieu béninois doit parfois accélérer ses transmissions pour permettre aux attaquants de se projeter.
« On sait que c’est toi la star de l’équipe, mais […] vous êtes obligés de vous donner, de libérer le ballon », lance Frédéric Ahomondji.
Le message est clair : le talent individuel doit servir le collectif. En conservant trop longtemps le ballon, un joueur peut ralentir une attaque et exposer son équipe à une perte dangereuse. Pour franchir un nouveau palier, les Guépards devront mieux choisir entre la prise d’initiative individuelle et la circulation rapide du ballon.
Gernot Rohr commence-t-il à trouver la bonne formule ?
Au-delà des individualités, Frédéric Ahomondji observe une évolution dans l’identité de jeu des Guépards. Il estime que l’équipe affiche davantage de cohérence, de détermination et de confiance. Les jeunes osent, les joueurs cherchent à se projeter et le collectif semble progressivement prendre une place plus importante.
« Le Bénin commence à avoir une identité de jeu. Une identité de jeu basée sur le collectif et la détermination de chacun. Et les jeunes se projettent, n’ont plus peur, osent ! », analyse-t-il.
Cette évolution mérite d’être suivie sur la durée. Une bonne prestation face à l’Argentine ne suffit pas à confirmer définitivement la progression d’une sélection. Il faudra reproduire cette intensité contre des adversaires aux profils différents et surtout transformer les bonnes séquences de jeu en résultats concrets.
Le journaliste imagine d’ailleurs un Bénin encore plus compétitif avec le retour de certains joueurs et une animation offensive associant Junior Olaitan, Cebio Soukou, Mattéo Ahlinvi, Andreas Hountondji, Yamirou Ouorou et Rodolfo Aloko, selon les disponibilités et les choix du sélectionneur.
« Honnêtement, quand vous mettez Junior Olaitan en 10 […] et que Yamirou Ouorou et Rodolfo Aloko l’accompagnent, franchement, le Bénin fera peur ! », lance-t-il avec enthousiasme.
Cette projection traduit surtout une conviction : le potentiel existe. Encore faut-il trouver les bonnes associations, maintenir une concurrence saine et offrir aux joueurs un cadre tactique qui valorise leurs qualités.
Un match historique, mais un échange symbolique manqué
La rencontre avait aussi une dimension particulière en raison de son lien avec Lionel Messi et de la portée symbolique de cette confrontation. Pour le Bénin, affronter l’Argentine représentait une occasion de gagner en visibilité et de montrer ses ambitions sur la scène internationale.
Frédéric Ahomondji regrette toutefois le refus des Argentins de prendre des photos ou d’échanger des maillots avec leurs homologues béninois. À ses yeux, ces gestes auraient permis aux Guépards de conserver un souvenir concret d’un rendez-vous exceptionnel.
« Le Bénin a donné une statue de l’Amazone […] à Messi. Le Bénin diplomatiquement a fait fort ! Maintenant, en retour, on n’a pas eu grand-chose, mais on a eu la visibilité qu’on voulait, et c’est bien déjà », observe-t-il.
Cette déception souligne la différence entre la valeur symbolique d’une rencontre et les retombées concrètes qu’une sélection peut en tirer. Les souvenirs matériels comptent pour les joueurs, mais la visibilité internationale, l’expérience acquise et l’attention des observateurs peuvent aussi représenter des bénéfices importants. Reste à transformer cette exposition en véritables opportunités sportives.
« Le Bénin est de retour » : un optimisme à confirmer
Pour Frédéric Ahomondji, cette défaite ne doit pas effacer les motifs de satisfaction. Le Bénin a montré du caractère, tenté de jouer et donné de la place à des joueurs capables d’apporter de nouvelles solutions. Le journaliste voit dans cette prestation une raison supplémentaire de croire au potentiel de l’équipe nationale.
« Le Bénin est de retour, et c’est tout bénef pour nous ! », conclut-il avec fierté.
La formule résume son sentiment après cette confrontation. Mais le plus important commence maintenant : confirmer les progrès, corriger les erreurs défensives, améliorer l’efficacité offensive et conserver cette audace face aux prochains adversaires.
Perdre 3-0 contre l’Argentine reste une défaite. Toutefois, si cette rencontre permet aux Guépards de gagner en confiance et de mieux mesurer le chemin à parcourir, elle pourrait constituer une étape utile dans leur progression. Le Bénin a montré qu’il pouvait regarder une grande sélection dans les yeux pendant une partie du match. Le défi est désormais de maintenir ce niveau d’exigence pendant 90 minutes et de faire de cette promesse une réalité durable.
Firmin DANNON









