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ODEM : cinq anciens dirigeants à la rescousse de la nouvelle mandature

À Cotonou, le vendredi 9 octobre 2026, cinq anciens responsables de l’Observatoire de la déontologie et de l’éthique dans les médias (ODEM) ont partagé leur expérience avec les conseillers de la 10ᵉ mandature. Objectif : renforcer leurs compétences en matière d’autorégulation, de traitement des plaintes et de respect de l’éthique journalistique.

Comment garantir une presse plus responsable dans un environnement médiatique en pleine mutation ? C’est l’un des défis auxquels la 10ᵉ mandature de l’ODEM entend apporter des réponses. Pour mieux préparer ses conseillers à cette mission, l’institution a organisé une séance de formation avec cinq anciens responsables, venus partager les enseignements tirés de leur expérience à la tête ou au sein de l’Observatoire.

Au-delà d’un simple transfert de connaissances, cette rencontre constitue une occasion de consolider les pratiques de l’autorégulation au Bénin. Dans un contexte marqué par l’essor du numérique et la rapidité de circulation de l’information, les conseillers doivent pouvoir apprécier les manquements professionnels avec rigueur, tout en préservant les principes fondamentaux du journalisme.

Cinq expériences pour mieux comprendre les enjeux

Les échanges ont porté sur plusieurs aspects essentiels du fonctionnement de l’ODEM. François Awoudo, président honoraire de l’institution et secrétaire général de la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), a mis l’accent sur les défis de l’autorégulation à l’ère du numérique. Un sujet particulièrement important à l’heure où les contenus se diffusent rapidement et où les exigences de vérification, de responsabilité et de respect de la déontologie restent incontournables.

De son côté, Ulrich Vital Ahotondji, ancien président de l’ODEM et directeur de la Maison des médias, a abordé la question de la visibilité et du rayonnement de l’institution. Car, pour être pleinement efficace, l’autorégulation ne doit pas seulement reposer sur des textes et des décisions. Elle nécessite également une institution connue du public et des professionnels, capable de faire comprendre ses missions et de gagner la confiance des acteurs du secteur.

Wilfried Léandre Houngbédji, ancien secrétaire général de l’ODEM et ministre porte-parole du gouvernement, a, quant à lui, insisté sur la prévention des conflits. Son intervention a mis en avant une approche qui privilégie l’anticipation des différends plutôt que leur gestion dans l’urgence. Cette démarche peut contribuer à limiter les tensions entre professionnels des médias et à favoriser un traitement plus responsable des désaccords.

Plaintes et déontologie : les règles au cœur de la mission

Le traitement des plaintes constitue un autre volet majeur de la formation. Guy Constant Ehoumi, ancien président de l’ODEM, a expliqué la procédure applicable, depuis la réception d’une plainte jusqu’à la décision finale. La maîtrise de ce processus est déterminante pour garantir un examen rigoureux des dossiers et renforcer la crédibilité des décisions de l’Observatoire.

Marie-Richard Magnidet, également ancien président de l’institution, a insisté sur la connaissance du Code de déontologie et d’éthique des médias au Bénin (CDEM). Ce texte représente un repère essentiel pour apprécier les pratiques journalistiques et déterminer si un professionnel a manqué à ses obligations. Sa bonne maîtrise permet ainsi de mieux distinguer les erreurs professionnelles, les manquements déontologiques et les exigences liées au traitement responsable de l’information.

Ces deux interventions rappellent une réalité fondamentale : l’autorégulation ne peut être crédible sans des procédures comprises par les conseillers et une application rigoureuse des règles communes. La qualité des décisions dépend autant de la connaissance des textes que de la capacité à examiner chaque situation avec discernement et impartialité.

La 10ᵉ mandature face à ses responsabilités

À l’issue de la séance, les conseillers ont exprimé leur volonté d’assumer pleinement leur mission et de veiller au respect des règles déontologiques par les professionnels des médias. Cet engagement constitue une étape importante, mais son efficacité se mesurera surtout dans la pratique : traitement des plaintes, prévention des conflits, pédagogie auprès des journalistes et crédibilité des décisions rendues.

La séance a été ouverte par Clément Adéchian, président de l’Assemblée spéciale (AS), en présence de son vice-président, Hervé Hessou, et du président de l’ODEM, Thanguy Agoï.

En mobilisant l’expérience de ses anciens responsables, la 10ᵉ mandature mise sur la transmission pour mieux relever les défis de l’autorégulation. L’enjeu dépasse le fonctionnement interne de l’institution : il s’agit aussi de contribuer à une presse plus professionnelle, respectueuse des règles éthiques et digne de la confiance du public. Car une autorégulation efficace ne protège pas seulement la profession journalistique ; elle participe également au droit des citoyens à une information fiable et responsable.

Firmin DANNON

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