Financement, développement et rayonnement : des assises de la presse et des médias sont annoncées au Bénin. À l’initiative de cette démarche, Claudy Siar entend réunir les acteurs du secteur autour des défis qui fragilisent les organes de presse et des solutions pour renforcer leur place dans le débat public.
L’avenir des médias béninois pourrait bientôt faire l’objet d’une réflexion collective. À l’issue d’une audience avec le président de la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), le lundi 19 octobre 2026, Claudy Siar a annoncé la tenue prochaine d’assises de la presse et des médias. Cette rencontre ambitionne de réunir les professionnels et les acteurs institutionnels autour des enjeux de développement, de financement et de visibilité des médias nationaux.
Au-delà de l’annonce, l’initiative intervient dans un contexte où les entreprises de presse doivent s’adapter à la transformation numérique, à l’évolution des habitudes du public et à une concurrence de plus en plus forte dans la diffusion de l’information. Pour les médias béninois, l’enjeu est double : préserver leur capacité à informer les citoyens et trouver les moyens de consolider durablement leurs activités.
Le financement, un défi majeur pour les médias
La viabilité économique devrait occuper une place importante dans les discussions. Qu’ils soient publics ou privés, les organes de presse ont besoin de ressources suffisantes pour produire une information régulière, professionnelle et de qualité. Or, sans modèle économique solide, il devient difficile d’investir dans le matériel, de former les journalistes, de rémunérer les équipes et de maintenir une présence sur le terrain.
Les assises annoncées pourraient ainsi offrir un cadre pour examiner les difficultés rencontrées par les entreprises de presse et identifier des pistes adaptées à leurs réalités. La question ne se limite pas à la recherche de financements. Elle concerne également la diversification des revenus, la modernisation des outils de production et la capacité des médias à fidéliser leur public.
Pour être utiles, ces échanges devront déboucher sur des propositions concrètes. Les professionnels attendent notamment des réponses aux difficultés structurelles du secteur, afin que la qualité de l’information ne soit pas constamment fragilisée par les contraintes financières.
Public et privé appelés à réfléchir ensemble
Nommé le 3 juin 2026 chargé de mission du président de la République pour la culture, les médias et la visibilité du Bénin, Claudy Siar a également évoqué les perspectives présentées lors de la conférence de rentrée de la Société de radio et de télévision du Bénin (SRTB).
Il a souligné l’importance de créer des synergies entre les différentes composantes du paysage médiatique. Cette approche invite à dépasser les clivages entre médias publics et privés pour rechercher des solutions communes aux difficultés du secteur.
Une telle concertation pourrait favoriser le partage d’expériences et faire émerger des pistes de collaboration. Elle devra néanmoins tenir compte des différences de statut, de financement et de fonctionnement entre les structures publiques et les entreprises privées. L’objectif est de construire une réflexion inclusive, sans effacer les besoins spécifiques de chaque catégorie de média.
Faire entendre davantage la voix du Bénin
Au-delà de la survie économique des entreprises de presse, la question du rayonnement médiatique national figure également parmi les préoccupations soulevées. Dans un environnement international où l’information circule rapidement, la capacité d’un pays à raconter ses propres réalités constitue un enjeu important.
Pour le Bénin, il s’agit de mieux faire connaître ses initiatives, ses réalisations, ses difficultés et les aspirations de sa population. Les médias nationaux ont un rôle essentiel à jouer dans cette dynamique, à condition de disposer des moyens humains, techniques et financiers nécessaires pour produire des contenus crédibles et compétitifs.
Cette ambition suppose aussi de s’adapter aux nouveaux usages numériques, de renforcer la présence des médias sur les plateformes en ligne et de proposer des contenus capables de toucher les publics au-delà des frontières nationales. Le rayonnement ne dépend donc pas uniquement de la visibilité, mais également de la qualité, de la diversité et de la crédibilité de l’information diffusée.
Des attentes fortes autour des assises
L’annonce de cette rencontre ouvre la voie à une réflexion attendue sur l’avenir de la presse béninoise. Toutefois, la date, le programme et les modalités de participation n’ont pas encore été précisés.
Les attentes seront donc importantes quant aux conclusions de ces travaux. Pour les professionnels, l’essentiel sera de transformer les discussions en mesures applicables et en engagements susceptibles d’améliorer leurs conditions de travail.
Ces assises pourraient constituer une occasion de faire le point sur les difficultés du secteur et de définir des priorités communes. Leur portée dépendra surtout de la place accordée aux acteurs de terrain, de la prise en compte de leurs préoccupations et du suivi réservé aux recommandations qui en découleront.
Firmin DANNON









