La mairie de Cotonou voit grand pour 2027. Le conseil communal a adopté un budget primitif de 72,4 milliards de francs CFA, contre 59,2 milliards en 2026. Cette progression de plus de 22 % traduit une volonté de renforcer les investissements dans les infrastructures et les services urbains. Invité de l’émission Actu Matin, présentée par le journaliste Dr Thanguy Agoï, Aboubakari Orou Boro, directeur de l’administration et des finances de la mairie, a apporté des précisions sur les grandes orientations financières de la municipalité.
74 % du budget consacrés aux investissements
La principale évolution concerne la place accordée aux dépenses d’investissement. Elles représentent désormais 74 % des prévisions budgétaires, contre environ 61 % en 2026. Pour l’administration communale, cette orientation répond aux besoins exprimés lors de la tournée du maire dans les 13 arrondissements de Cotonou. Plusieurs chantiers sont annoncés : reconstruction des salles de classe vétustes, réhabilitation des bâtiments scolaires encore fonctionnels, amélioration de la voirie urbaine et renforcement de l’éclairage public. Cette répartition traduit un choix de privilégier les équipements collectifs et les infrastructures de proximité.
Des recettes encore difficiles à mobiliser
Malgré ces ambitions, la mobilisation des ressources reste un défi. Le taux d’exécution des recettes du budget 2026 se situe autour de 20 %. Aboubakari Orou Boro explique ce niveau par l’absence de certaines statistiques relatives aux reversements des recettes fiscales attendues de l’État central. Celles-ci représentent 89 % des recettes propres et 82 % des prévisions globales. La commune mise donc sur la digitalisation de la collecte pour sécuriser les ressources et améliorer leur rendement. Une unité spécialisée dans la recherche de financements devrait également être mise en place.
48 recommandations pour améliorer la gestion
L’administration communale doit aussi tenir compte des 48 recommandations issues d’une inspection. Elles concernent notamment la gestion des cimetières et des gares routières. Sur ce dernier point, la municipalité entend identifier, dans chaque arrondissement, les espaces de chargement et de déchargement, en attendant la construction d’une grande gare centrale. Malgré le déplacement progressif des activités de Dantokpa, la mairie entend également préserver les recettes issues des petits commerces installés autour du marché.
Les charges de fonctionnement dans le viseur
Enfin, la réduction des dépenses de fonctionnement ne prévoit aucun licenciement ni diminution des salaires. Elle concerne surtout les frais de carburant et de location d’engins lourds. Grâce aux équipements reçus dans le cadre du projet PAPC et aux acquisitions financées sur ressources communales, Cotonou espère alléger ces charges et dégager davantage de moyens pour ses investissements.
Firmin DANNON









