Le bras de fer entre l’État du Sénégal et la Fédération sénégalaise de football (FSF) prend une nouvelle dimension. Le gouvernement a décidé de ne pas prendre en charge le salaire de Pape Thiaw, estimant que son contrat n’a jamais été approuvé par la tutelle. Une décision qui fragilise la Fédération et pourrait déboucher sur une bataille judiciaire.
L’État rejette le contrat de Pape Thiaw
Le contrat de Pape Thiaw semblait pourtant scellé. Le 22 juin 2026, la FSF avait prolongé le sélectionneur des Lions pour trois saisons, en marge de la Coupe du monde disputée aux États-Unis.Cependant, le ministère des Sports a opposé un refus. Dans un courrier adressé à la Fédération, la ministre Djireye Clotilde Coly indique que l’État ne peut pas régler les émoluments du technicien. En cause, l’absence d’approbation officielle du contrat.Or, au Sénégal, l’État intervient comme tiers-payeur du sélectionneur national. Sans son aval, le financement du contrat devient impossible.
Un engagement financier très lourd
Le contrat signé avec Pape Thiaw prévoit des conditions financières particulièrement importantes.Le sélectionneur devait toucher un salaire mensuel de 30 millions de FCFA. À cela s’ajoutaient une prime de signature de 120 millions de FCFA ainsi que 1 % des primes versées par la FIFA au Sénégal.Par ailleurs, une clause prévoit le versement de huit mois de salaire en cas de rupture du contrat, quel qu’en soit le motif.Ces engagements placent désormais la FSF dans une position délicate.
La Fédération se retrouve seule
Le refus de l’État change complètement la donne. La Fédération pourrait être contrainte d’assumer seule les conséquences financières de ce contrat.Selon plusieurs informations, la FSF serait prête à honorer la clause de résiliation si nécessaire. Toutefois, certains spécialistes estiment que le contrat pourrait être contesté, puisqu’il n’a jamais été validé par le tiers-payeur.Le dossier reste donc juridiquement sensible.
Un précédent qui refait surface
Cette situation rappelle le cas d’Aliou Cissé. En 2025, l’État avait refusé de prolonger son contrat malgré la volonté de la Fédération.Plus tôt encore, en 2004, le gouvernement avait également bloqué le départ d’Guy Stéphan en raison du coût de son indemnisation.Ces précédents illustrent le rôle déterminant de l’État dans la gestion des sélectionneurs nationaux.
Vers un conflit juridique ?
L’affaire Pape Thiaw est loin d’être terminée. Entre le refus de paiement de l’État, les engagements pris par la Fédération et les clauses du contrat, plusieurs questions restent en suspens.À défaut d’un accord entre les deux parties, ce différend pourrait se régler devant les tribunaux. En attendant, la FSF fait face à une forte incertitude financière, tandis que l’avenir contractuel de Pape Thiaw demeure plus flou que jamais.
Firmin DANNON









