Le président Brice Oligui Nguema veut réorienter la politique de bourses du Gabon vers les établissements nationaux et les universités africaines. Une décision justifiée par la hausse des coûts de formation en Europe et la réduction des aides accordées aux étudiants.
Le Gabon veut revoir sa politique d’attribution des bourses d’études à l’étranger. À la veille de la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance du pays, le président Brice Oligui Nguema a annoncé de nouvelles orientations concernant les étudiants gabonais souhaitant poursuivre leurs études en Europe.
Dans son message à la nation, le chef de l’État a expliqué que certains pays européens ne seraient désormais plus privilégiés pour l’octroi des bourses. Il a évoqué l’augmentation des frais d’études et la baisse des aides destinées aux étudiants. Aucun pays n’a été officiellement cité, mais la France pourrait être particulièrement concernée, puisqu’elle accueille traditionnellement une importante partie des étudiants gabonais boursiers.
Miser davantage sur l’Afrique
Pour Brice Oligui Nguema, le Gabon doit désormais adapter sa politique de formation à cette nouvelle réalité. L’objectif est notamment de renforcer les établissements d’enseignement supérieur du pays et de favoriser les formations disponibles sur le continent africain.
« Nous devons y répondre par une stratégie qui est de consolider nos établissements, rechercher les meilleures formations et regarder avec confiance vers les universités d’excellence de notre continent », a déclaré le président gabonais.
Le chef de l’État refuse toutefois de présenter ce choix comme un simple repli. Il estime que l’Afrique dispose désormais d’universités capables d’offrir des formations de haut niveau aux jeunes du continent.
Former les compétences dont le Gabon a besoin
Cette réorientation répond aussi à une volonté de rapprocher les formations des besoins du pays. Le gouvernement gabonais entend encourager les étudiants à acquérir des compétences directement utiles au développement national, tout en limitant les coûts liés aux études à l’étranger.
« L’Afrique ne doit pas être un choix par défaut. Elle est un espace de savoirs, d’innovations et d’avenir », a insisté Brice Oligui Nguema.
Cette nouvelle politique pourrait donc modifier progressivement les destinations privilégiées par les étudiants gabonais bénéficiant d’une bourse publique. Elle pose également la question de la capacité des universités gabonaises et africaines à absorber davantage d’étudiants et à proposer des formations correspondant aux besoins du marché de l’emploi.
Pour le président gabonais, l’avenir de la jeunesse ne se trouve donc plus uniquement en Europe ou au-delà des océans. Il doit aussi se construire au Gabon et sur le continent africain.
Firmin DANNON









