Accueil / Veille Internationale / Bénin-France : derrière le tête-à-tête Wadagni-Macron

Bénin-France : derrière le tête-à-tête Wadagni-Macron

Le rendez-vous entre Romuald Wadagni et Emmanuel Macron à l’Élysée, ce lundi 5 octobre 2026, ne se résume pas à une poignée de main entre deux chefs d’État. Derrière les images officielles, Paris et Cotonou cherchent surtout à donner une traduction concrète à leur coopération. Pour le président béninois, cette première visite officielle en France depuis son investiture intervient avec une priorité claire : attirer davantage de capitaux et accélérer le financement de projets utiles au développement du pays.

Des investissements au cœur du déplacement

La séquence avait commencé dimanche soir avec un dîner présidentiel de travail organisé à l’Élysée dans le cadre de l’Africa-France Impact Coalition (AFIC). Les discussions ont porté sur les investissements privés, l’industrialisation et le développement des chaînes de valeur africaines. Ces sujets sont stratégiques pour le Bénin : l’objectif n’est plus seulement d’obtenir des financements publics, mais de convaincre les investisseurs privés de miser davantage sur le pays et sur les secteurs capables de créer de la valeur localement.

L’électricité, un enjeu très concret

La rencontre présidentielle doit surtout déboucher sur des engagements financiers. Parmi les dossiers annoncés figure le programme PEDER+, destiné à étendre et développer les réseaux électriques au Bénin. Le projet est évalué à 173 millions d’euros, avec notamment un prêt de 50 millions d’euros de l’Agence française de développement. Derrière ces chiffres se trouve un enjeu très concret : améliorer l’accès à l’électricité et accompagner les besoins d’une économie qui cherche à industrialiser davantage ses activités.

Agriculture et pisciculture : produire davantage de valeur

La coopération doit également toucher le secteur agricole. Une convention de 15 millions d’euros est annoncée pour soutenir la filière piscicole et des investissements agricoles productifs, dont 10 millions destinés à un nouveau projet de développement de la pisciculture. L’enjeu dépasse donc la simple production : il s’agit de renforcer les chaînes de valeur, de créer des emplois et de permettre au pays de mieux transformer ses ressources au lieu de se limiter à leur production brute.

Un laboratoire pour renforcer les compétences

La santé et l’expertise scientifique figurent également au programme. Une lettre de mandat avec Bpifrance et le laboratoire d’hématologie médico-légale de Bordeaux doit ouvrir la voie à la construction au Bénin d’un laboratoire d’excellence, avec un transfert de compétences. Cette dimension est importante : investir dans une infrastructure ne suffit pas si les compétences restent à l’extérieur. La formation et le transfert de savoir-faire peuvent donc donner une portée durable à ce partenariat.

De Nairobi à Paris, passer des annonces aux réalisations

Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement du sommet Africa Forward, organisé à Nairobi les 11 et 12 mai 2026. À cette occasion, des engagements privés de 23 milliards d’euros avaient été annoncés à l’échelle du continent. L’AFIC doit désormais contribuer au suivi de ces projets et à leur concrétisation. Pour Cotonou, le véritable test de cette visite sera donc moins dans les déclarations que dans la réalisation effective des investissements annoncés.

Ainsi, derrière le tête-à-tête Wadagni-Macron se dessine une équation simple : le Bénin veut transformer son attractivité en financements, et ses partenariats en réalisations concrètes. L’enjeu de cette visite de 48 heures est désormais de savoir combien de projets passeront effectivement de la table des négociations aux chantiers.

Firmin DANNON

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *