Le handball béninois a célébré en beauté la fête nationale. Au Hall des Arts, Loisirs et Sports de Cotonou, les finales de la NSIA Banque Coupe de l’Indépendance 2026 ont offert un spectacle de très haut niveau, samedi 1er août. Deux rencontres, deux scénarios étouffants et, à l’arrivée, deux vainqueurs. Chez les dames, Lokossa a conservé son trophée en dominant Porto-Novo (29-28), tandis que Djougou a repris le titre masculin aux dépens de Parakou (28-27).
Lokossa écrit une nouvelle page de l’histoire

Rien ne semble arrêter les Amazones de Lokossa. Déjà sacrées en 2024 et 2025, elles ont confirmé leur domination en décrochant une troisième couronne consécutive, une performance inédite dans l’histoire récente de la compétition.Pourtant, la mission était loin d’être simple. Face à une équipe de Porto-Novo ambitieuse et sans complexe, les championnes en titre ont dû lutter jusqu’au bout. Les deux équipes sont restées au coude-à-coude durant toute la rencontre. Il a finalement fallu un ultime lancer franc pour permettre à Lokossa de l’emporter 29 à 28.Au terme de la finale, la capitaine Karimou Rachidatou a attribué cette victoire à l’état d’esprit du groupe.« Les matchs n’ont pas été faciles depuis le début de la compétition. Aujourd’hui, nous sommes très heureuses. Ce trophée récompense notre solidarité et notre travail collectif. »Elle reconnaît également que son équipe a connu quelques difficultés en fin de rencontre.« La fatigue nous a parfois poussées à nous précipiter devant le but. En face, Porto-Novo a livré une très belle prestation. »
Porto-Novo repart grandi
Malgré la défaite, Porto-Novo a marqué les esprits. Pour une première finale, les joueuses de la capitale ont rivalisé avec les triples championnes jusqu’aux dernières secondes.La capitaine Koné Fatima refuse de parler d’échec.« Nous sommes fières de notre parcours. Bien sûr, nous voulions gagner, mais atteindre la finale pour la première fois reste une grande satisfaction. »Selon elle, l’expérience des joueuses de Lokossa a pesé au moment décisif.Elle espère désormais un soutien plus important des autorités locales afin de permettre à l’équipe de franchir un nouveau cap.
Djougou reprend son bien

Chez les hommes, la finale a offert le même suspense. Opposée au tenant du titre, Parakou, la sélection de Djougou a affiché beaucoup de caractère pour s’imposer d’une courte tête (28-27).Pour le capitaine Sankara Simbia, cette victoire est le fruit d’une préparation mentale réussie.«Nous savions que ce serait un match très difficile. Tout le monde était déterminé à se battre jusqu’au bout. Nous avons pris l’avantage avant de bien gérer les derniers instants. »Le capitaine du champion n’a toutefois pas caché ses préoccupations concernant les conditions de participation des communes.Selon lui, plusieurs équipes évoluent avec des moyens limités. Il plaide pour un meilleur accompagnement financier et une organisation plus étalée afin de réduire les difficultés rencontrées par les délégations.
Parakou garde la tête haute
Champion en 2025, Parakou n’a pas réussi à conserver son trophée. Mais les joueurs repartent avec la conviction d’avoir tout donné.Le capitaine Abdou Waliou estime que quelques erreurs défensives ont coûté le titre.« Il fallait un vainqueur. Aujourd’hui, nous sommes du mauvais côté du résultat, mais nous reviendrons encore plus forts. Nous devons améliorer notre défense. »Il s’est aussi félicité de la tenue de cette compétition, tout en souhaitant un calendrier national encore plus fourni.
La Fédération satisfaite du niveau affiché
Pour Jean-Roitinos Aïssi, directeur administratif de la Fédération béninoise de handball et point focal de l’organisation, cette édition confirme la progression du handball national.Les deux finales se sont conclues avec un seul but d’écart, preuve, selon lui, de l’équilibre entre les meilleures sélections communales du pays.Il invite cependant les nouvelles équipes municipales à intégrer le soutien au sport dans leurs priorités budgétaires afin d’assurer une meilleure participation des communes lors des prochaines éditions.
Une compétition qui gagne en prestige
Avec deux finales spectaculaires et un public conquis, la NSIA Banque Coupe de l’Indépendance 2026 a tenu toutes ses promesses. Lokossa entre un peu plus dans la légende grâce à un triplé inédit chez les dames. Djougou retrouve, quant à lui, les sommets du handball béninois.
Au-delà des résultats, cette édition confirme surtout que la compétition s’impose désormais comme un rendez-vous majeur du calendrier national, tout en mettant en lumière le potentiel des sélections communales à travers le pays.
Firmin DANNON









