À l’occasion de la Journée mondiale des enseignants célébrée ce 5 octobre, Diaspo’rama a donné la parole à Silvère Boton, enseignant béninois exerçant en France. Il a partagé son regard croisé sur l’exercice de la profession enseignante, les réalités du système éducatif en Occident et l’évolution du secteur au Bénin.
Il a souligné que cette commémoration intervient dans un climat particulièrement tendu en France. « Malheureusement la journée de l’enseignant est célébrée dans un contexte social vraiment tendu depuis quelques jours déjà et cela est caractérisé par plusieurs mobilisations notamment partout en France et bon, on ne travaille plus puisque l’école est à l’arrêt ». Il a rappelé que les enseignants et les élèves y exigent légitimement une amélioration de leurs conditions de travail, marquée par des difficultés de recrutement et le gel du point d’indice bloquant les augmentations de salaires.

Similarités institutionnelles et libertés pédagogiques comparées
Abordant les différences et les points communs entre les systèmes éducatifs béninois et français, l’invité a rappelé les fortes similarités historiques et structurelles héritées de la colonisation (calendrier scolaire, programmes institutionnalisés, modes de recrutement par concours dans le secteur public).
Comparant l’exercice du métier entre les deux pays, Silvère Boton a souligné une nuance importante : « Entre les deux, la mentalité n’est pas la même et je dois avouer quand même en terme d’enseignement et de liberté, on est quand même assez pas mal au Bénin en terme de liberté pédagogique. Tu peux enseigner sans problème sans avoir des associations qui se lèvent contre toi pour x ou y raison ». Il a expliqué qu’en France, l’exercice requiert une attention minutieuse aux codes de langage et aux réalités socioculturelles pour éviter des tensions permanentes avec l’entourage et les élèves.
Regard sur les réformes et l’évolution de l’éducation au Bénin
Bien qu’étant établi en Europe et ne séjournant qu’occasionnellement au pays, Silvère Boton reste attentif aux échos de ses pairs et aux dynamiques nationales. Saluant l’action des gouvernements successifs, de l’ancien président Patrice Talon aux initiatives portées par les autorités actuelles, il a souligné la prise en compte progressive des grands défis de l’éducation. « Le président est arrivé avec des promesses fortes et il essaie vraiment de les tenir, donc je pense qu’on doit avoir un peu de patience » estime t-il pour sa part.

Il a également mis en avant l’importance d’intégrer les mutations technologiques (comme l’intelligence artificielle) ainsi que les politiques d’inclusion, notamment pour les élèves en situation de handicap, estimant que l’école doit impérativement s’adapter aux métiers et aux défis de demain.
Donatien Fernando SOWANOU









