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Flambée du charbon de bois : Le cri de détresse des ménages et des petits commerçants

Au cœur de cette préoccupation, le marché du charbon de bois traverse une zone de fortes turbulences, impactant à la fois les consommateurs et les petits revendeurs de quartier. Pour mesurer l’ampleur de la situation sur le terrain, nous avons recueilli le témoignage de Ricardo Akonadje, jeune étudiant qui aide régulièrement sa mère dans la vente de charbon. Son témoignage met en lumière les difficultés croissantes d’une filière sous tension.

Selon les observations de Ricardo, les prix du sac du charbon de bois ont connu une hausse vertigineuse. Auparavant acquis entre 5 000 et 5 500fcfa voire 6 000fcfa, celui-ci se négocie désormais jusqu’à 8 000, voire 9 000 FCFA selon les périodes et les zones d’approvisionnement. Cette inflation brouille toute la chaîne de revente au détail. « Avant, les petites clientes venaient acheter un sac et essayaient de le revendre en tas de 250, 300 ou 400fcfa. Aujourd’hui, avec la cherté de l’achat à la source, c’est devenu très difficile de s’en sortir. Les marges se réduisent au point où l’on a à peine de quoi couvrir le prix d’achat initial », confie Ricardo.

Cette situation génère des tensions quotidiennes entre les revendeurs et les consommateurs. Ces derniers, confrontés à la vie chère et au coût élevé des autres alternatives énergétiques comme le gaz domestique, peinent à comprendre ces hausses et s’en prennent parfois aux commerçants de proximité, alors que ces derniers subissent eux-mêmes la cherté de l’approvisionnement en amont.

La problématique du charbon de bois met également en lumière la réalité socio-économique de certaines zones rurales productrices, à l’instar de Savè, où bon nombre de jeunes et de familles n’ont d’autre alternative de survie que la production et la vente de charbon pour subvenir à leurs besoins. Pourtant, malgré la volonté des autorités de promouvoir l’utilisation du gaz domestique pour préserver le couvert végétal et lutter contre la déforestation, la réalité financière des ménages reste un frein majeur. Tout le monde ne dispose pas des moyens nécessaires pour s’offrir régulièrement une recharge de gaz, maintenant ainsi une forte dépendance envers le charbon de bois, dont l’accès devient de plus en plus onéreux.

Face à cette crise qui touche l’ensemble des couches sociales, les petits acteurs du secteur appellent à une prise en compte accrue des difficultés des populations vulnérables, espérant que des mesures d’accompagnement ou de régulation permettront d’alléger le poids de la cherté de la vie sur le panier des ménages béninois.

Donatien Fernando SOWANOU

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