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Installation du Sénat : Élisabeth Pognon fixe le cap de la première mandature

Une page majeure de l’histoire institutionnelle du Bénin s’est ouverte ce jeudi 30 juillet. Dans l’enceinte du siège de l’Assemblée nationale, les membres de la toute première mandature du Sénat ont été officiellement installés dans leurs fonctions. Présidée par l’ancienne présidente de la Cour constitutionnelle, Élisabeth Pognon, cette cérémonie inaugurale marque le démarrage effectif de la seconde chambre du Parlement.

En l’absence du doyen d’âge de cette législature pionnière, le président Dieudonné Nicéphore Soglo, la conduite des travaux est revenue à Élisabeth Pognon, seconde personnalité la plus âgée de la haute assemblée. Pour composer le présidium de cette séance inaugurale, la doyenne était entourée des deux benjamins du Sénat, Charles Toko et Adidjatou Mathys. Ensemble, ils ont veillé au bon déroulement de ce rite d’installation qui consacre la mise en place d’une institution clé dans le paysage politique national.

« Combler un vide dans notre vie institutionnelle »
Dans son discours d’ouverture, Élisabeth Pognon est largement revenue sur la genèse et la légitimité de cette seconde chambre, fruit des réformes politiques et institutionnelles majeures menées au cours de la dernière décennie, notamment à travers les révisions constitutionnelles de 2019 et de 2025. L’ancienne présidente de la Cour constitutionnelle a tenu à expliciter la valeur ajoutée du Sénat face aux limites des organes existants : « La Cour constitutionnelle ne peut connaître que des litiges à caractère juridique et ne peut trancher des questions politiques qui ne reposent pas sur un fondement constitutionnel ou légal. Les institutions judiciaires, de leur côté, ne peuvent intervenir lorsque les faits ne présentent pas un caractère pénal. C’est ce vide observé dans notre vie institutionnelle et politique que le Sénat vient combler. ».

Régulation, mœurs politiques et stabilité : les missions de la haute chambre


S’appuyant sur les dispositions de l’article 113.1 de la loi fondamentale, la présidente de séance a rappelé le socle des missions dévolues au Sénat. La nouvelle institution aura ainsi la lourde charge de réguler la vie politique nationale, de veiller au respect et à l’élévation des mœurs politiques, tout en contribuant activement au renforcement de la démocratie, de la paix et de la stabilité de la Nation. Conformément aux textes en vigueur, cette première mandature réunit 25 membres, composés à la fois de membres de droit et de personnalités désignées pour compléter l’effectif constitutionnel.

Le défi de la confiance et de l’exemplarité
S’adressant directement à ses pairs, Élisabeth Pognon a souligné la portée historique de leur engagement : « Vous et moi avons l’honneur redoutable d’être les premiers au sein de cette nouvelle institution ». Consciente des doutes et des interrogations que suscite l’avènement de cette nouvelle chambre au sein de l’opinion publique et de la classe politique, elle a exhorté l’ensemble des sénateurs à la rigueur et à l’impartialité.

C’est uniquement par l’objectivité de ses démarches, la pertinence de ses décisions et la recherche constante du prestige institutionnel que le Sénat saura légitimer sa place et conquérir la confiance des citoyens béninois.

Donatien Fernando SOWANOU

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