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ONU : le Bénin veut transformer sa présence en diplomatie d’action d’après l’ambassadeur AGBANGLA

À l’occasion de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, l’ancien ambassadeur Eusèbe Agbangla décrypte la participation du Bénin à New York. Sécurité, bon voisinage, intelligence artificielle, gestion de l’eau et coopération internationale : selon lui, Cotonou cherche désormais à faire de la diplomatie un véritable outil d’action.

La 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies ne serait pas qu’un rendez-vous diplomatique répétitif. Invité de l’émission Actu Matin, l’ancien ambassadeur du Bénin Eusèbe Agbangla estime que derrière les discours sur la paix, le climat ou le développement se jouent surtout des négociations concrètes. Pour lui, les rencontres bilatérales et les discussions en marge de la tribune constituent une partie essentielle du travail diplomatique.

Du « bon voisinage » à la coopération sécuritaire

Le Bénin a notamment mis en avant une nouvelle lecture du bon voisinage. Selon Eusèbe Agbangla, l’idée ne se limite plus à la non-ingérence ou au règlement pacifique des différends. Face à la progression du terrorisme dans les espaces frontaliers, elle doit désormais favoriser le partage d’informations, le renseignement, les opérations conjointes et une meilleure gestion des zones grises.

Cette approche prend une dimension particulière pour un pays directement confronté aux enjeux sécuritaires de son environnement régional. Elle traduit surtout une volonté de passer d’une diplomatie préventive à une coopération plus opérationnelle entre États.

Le numérique comme levier de puissance

Autre dossier mis en avant : l’intelligence artificielle. La participation du Bénin à une rencontre organisée avec l’Union africaine et Google a permis d’aborder les capacités de calcul, les infrastructures de données et la formation des compétences africaines.

Pour l’ancien ambassadeur, cet intérêt s’inscrit dans les ambitions nationales de transformation numérique. L’enjeu dépasse donc la technologie : il touche désormais à la souveraineté, à la compétitivité et à la capacité des États africains à peser dans les mutations mondiales.

L’eau, un enjeu diplomatique stratégique

L’adhésion du Bénin à la Convention des Nations Unies de 1992 sur les cours d’eau transfrontaliers constitue également un dossier important. Pays situé en aval de plusieurs bassins, dont ceux du Niger, du Mono, de l’Ouémé et de la Volta, le Bénin cherche ainsi à renforcer ses instruments de dialogue avec les États voisins.

Pollution, barrages, prélèvements ou libérations importantes d’eau peuvent avoir des conséquences directes sur les populations. L’adhésion à cette convention offre donc un cadre supplémentaire pour prévenir et traiter ces situations.

Une diplomatie plus multisectorielle

Pour Eusèbe Agbangla, la particularité de cette participation béninoise réside surtout dans la composition de la délégation. Économie, finances, transformation digitale, coopération, dette et affaires étrangères ont été mobilisées autour de différents rendez-vous.

Des accords ont notamment été signés avec le Luxembourg dans les domaines portuaire et logistique, tandis que des discussions bilatérales ont été menées avec plusieurs partenaires.

Au fond, l’enjeu est de ne plus considérer l’Assemblée générale comme une simple tribune. Pour l’ancien diplomate, le Bénin veut désormais convertir sa présence à New York en diplomatie d’investissement, d’innovation, de partenariat et de technologie.

Firmin DANNON

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