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Agriculture biologique : Biorich veut changer les habitudes au Bénin

Face aux défis de la dégradation des sols et de la préservation de la santé des consommateurs, les intrants organiques apparaissent comme une alternative pour l’agriculture béninoise. À Grand-Popo, Hyacinthe Boco, promoteur d’un établissement de fabrication d’intrants biologiques, entend contribuer à cette transition avec sa marque Biorich. Entre ambitions industrielles, accompagnement de l’État et défis de certification, il plaide pour une agriculture plus durable.

La santé des sols et celle des consommateurs sont au cœur de l’engagement de Hyacinthe Boco. Son intérêt pour la production d’intrants organiques est né d’un constat préoccupant : le recours excessif aux engrais chimiques dans les cultures maraîchères. Une expérience acquise dans le cadre du projet de lutte contre la pollution aux engrais chimiques, soutenu par l’Union européenne à travers le programme Repazoc, a renforcé cette conviction. En 2022, il décide de passer à l’action avec le lancement de Biorich, une marque dédiée aux solutions agricoles 100 % organiques.

Des solutions pour redonner vie aux sols

Installée à Grand-Popo, l’initiative propose trois catégories de produits : des biofertilisants, des amendements organiques et des biostimulants. L’objectif est de réduire la dépendance aux intrants chimiques de synthèse tout en améliorant la qualité des terres agricoles. Pour le promoteur, l’utilisation excessive de ces produits peut perturber la vie biologique des sols, notamment en affectant les micro-organismes indispensables à leur fertilité. Les solutions organiques contribuent ainsi à restaurer cet équilibre et à favoriser une agriculture durable.

Biorich ne cible pas uniquement les petits exploitants. Selon Hyacinthe Boco, ses produits sont déjà utilisés par des producteurs de différentes catégories, à Grand-Popo comme dans d’autres localités du Bénin. Il affirme que la capacité actuelle de production répond à la demande locale et que des démarches sont engagées pour passer à une échelle supérieure, avec l’appui de plusieurs structures publiques et partenaires.

L’industrialisation, sans sacrifier la terre

Pour le promoteur, mécanisation agricole et préservation de l’environnement ne sont pas incompatibles. Il voit dans les orientations gouvernementales en faveur d’une agriculture durable un motif d’encouragement. Il cite notamment l’appui de la mairie de Grand-Popo, du PNUD, de l’INRAB, de la Direction de la production végétale et du ministère de l’Agriculture.

Toutefois, plusieurs obstacles persistent. La production à grande échelle, l’adhésion des consommateurs et surtout les procédures d’agrément, de certification et d’homologation restent des défis majeurs. Hyacinthe Boco appelle ainsi à l’adoption de réglementations adaptées aux intrants agroécologiques et biologiques.

Au-delà de son entreprise, son ambition est de contribuer à une agriculture qui nourrit les populations sans compromettre leur santé ni épuiser les terres. Avec Biorich, sa conviction tient en une formule : « Cultiver la santé, récolter l’abondance. »

Firmin DANNON

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